Quelques extraits de l'Entre Nous...

ENTRE NOUS  Saint-Paul

 

Périodique mensuel - P 912280                                                                N° 459         

 

Carême et Pâques

 

 

Témoignage:

Le bonheur est dans le don de soi!


        

         Il y a 11 millions de Belges. Et l’on dit qu’un million d’entre eux font du bénévolat, apportant leur aide et dépensant leur énergie sans être rétribué en retour, chacun selon les capacités dont la vie l’a doté.

         Je suis né privilégié, sans aucun mérite de ma part, fils, petit-fils et arrière petit-fils de chirurgien, maintenu tout au long de ma vie à l'abri de la faim et du besoin. En tant que chirurgien, pendant près de 50 ans, deux mois par an, je suis parti en Asie, bénévolement, opérer les pauvres nés avec un bec-de-lièvre ou arborant des cicatrices de brûlures. Je m'occupais également de former les chirurgiens du Laos, du Vietnam, du Népal et d'autres pays, de manière à ce qu'après mon départ mes collègues de là-bas puissent réaliser l'opération eux-mêmes.

         Changer la vie de mes patients en leur rendant le sourire me procurait un bonheur que je ne puis toujours pas décrire aujourd'hui. Il faut savoir que l'on considère, dans ces pays-là, que si un enfant naît avec un bec-de-lièvre, c'est parce qu'une sorte de fée Carabosse lui a jeté un sort au moment de la naissance, ce qui en fait en quelque sorte des enfants porteurs d'une malédiction inscrite en eux dès leur naissance. Ces pauvres enfants grandissent et désertent les bancs de l'école pour fuir les réactions négatives dont ils écopent au quotidien. Leurs parents pauvres n'ont en général pas les moyens de financer une opération, ce qui les condamne à une vie dans l'ombre et dans la honte. Et c'est alors que j'arrivais et que je pouvais réaliser l'opération gratuitement. Il n'est pas de plus grand bonheur que de donner.

         En une heure et demie, je pouvais refaire une bouche normale, balayer le mauvais sort et rendre le sourire. Je donnais un peu de mon temps, sans que cela ne change fondamentalement ma vie en Belgique. Un mois en Asie, en comptant le billet d'avion et mon séjour sur place pendant un mois, ne coûtait pas plus cher qu'un week-end à Knokke-le-Zoute au mois d'août. En une heure et demie seulement, là-bas à l'autre bout du monde, je changeais une vie.

         Un jour, lors d’une consultation post-opératoire en Birmanie, une petite fille que j'avais opérée, sur un signe de sa maman, s'est agenouillée et m'a embrassé les pieds. Cela m'a donné une joie immense et m'a ému aux larmes. Lorsque j'y repense, maintenant encore, je me sens submergé par l'émotion. Des joies comme celles-là ne s'achètent pas, elles n'ont pas de prix, elles se reçoivent dans le don de soi, avec simplicité.

         J’avais donné un peu, et je recevais au centuple, sinon un million de fois plus. Ce n'était pas de l'argent, ce n'était pas même quelque chose de tangible : il s'agissait d'un trésor que rien ni personne, jamais, ne pourrait m'enlever.

         On me compare parfois à d'autres médecins qui gagnent beaucoup d'argent, et l'on me félicite. Mais alors je réponds par la seule question que je puisse me poser : avec tous les dons que j'ai reçus de la vie, en ai-je assez fait pour les autres ? Car la seule personne à qui l'on puisse se comparer, c'est soi-même, et jamais les autres.

         Dès mon plus jeune âge, mon père me racontait la parabole des talents de l'Évangile. Que dit cette parabole? Elle raconte l'histoire d'un propriétaire qui part en voyage et confie ses biens à ses serviteurs pour qu'ils les fassent fructifier en son absence. À l'un il laisse un talent, au second deux talents et au troisième cinq talents. À son retour de voyage, il leur demande des comptes. Celui qui a reçu deux talents en rend quatre et est félicité. Celui qui a reçu cinq talents en rend dix et est félicité. Mais celui qui en a reçu un a eu trop peur de le perdre. Il l'a enterré et le rend à son maître sans l'avoir fait fructifier à l'instar de ses deux comparses. Le maître s'en étonne et le punit pour n'avoir pas usé de son talent en vue d'un bien plus grand.

         Avec cette parabole, mon père me rappelait que les dons que j’avais reçus à la naissance me rendaient responsable des autres. J’avais le devoir de donner de ma personne.

         J’espère aujourd’hui avoir pu m'acquitter au moins pour une petite part de ce devoir qui m’incombait.

Christian Dupuis, chirurgien retraité

Paroissien et catéchiste




Prière

 

Ce qui se passera de l'autre côté,
Quand tout pour moi

Aura basculé dans l'éternité,
Je ne le sais pas.

Je crois, je crois seulement
Qu'un amour m'attend.

Je sais pourtant qu'alors il me faudra faire,
Pauvre et sans poids,

Le bilan de moi.

Mais ne pensez pas que je désespère.
Je crois, je crois tellement

Qu'un amour m'attend.

Ne me parlez pas-de gloires et louanges
Des bienheureux.

Et ne me dites rien non plus des anges.
Tout ce que je peux,

C'est croire, croire obstinément
Qu'un amour m'attend.

 

Poème d’une carmélite


 

 

Méditation

      

            A l’occasion de la commémoration des 75 ans de la libération du camp d’Auschwitz, un extrait du livre: «les fleuves vont à la mer»

Mémoire 1 Page 120 à 122 de E. Wiezel     

        

         « Un passage de la « Nuit » :  «passage de la «»: la pendaison du petit garçon juif a prêté à une interprétation quasi blasphématoire.

         Les théoriciens de «mort de Dieu » ont fait abusivement référence à mes propos pour justifier leur refus de la foi.

Or, si Nietzsche pouvait crier au vieillard de la forêt que « Dieu est mort », le juif en moi ne le peut pas. Je me suis élevé contre Sa justice, j'ai protesté contre Son silence, parfois contre Son absence, mais ma colère s'élevait à l'intérieur de la foi, non au dehors. ( ... )

         Je l'ai écrit ailleurs : Auschwitz n'est concevable ni avec Dieu, ni sans Dieu. Peut-être comprendrai-je un jour le rôle de l'homme dans le mystère que représente Auschwitz ; mais celui de Dieu, je ne le comprendrai jamais. ( ... )

 

         En fin de compte, je ne cesserai jamais de m'insurger contre ceux qui ont fait ou permis Auschwitz.

Et contre Dieu aussi ? Contre lui aussi. Les questions que je m'étais autrefois posées à propos du silence de Dieu, elles demeurent ouvertes. S'il y a une réponse, je ne la connais pas. Bien plus, je refuse de la connaître. Mais je maintiens que la mort de six millions d'êtres humains pose une question à laquelle aucune réponse ne sera jamais apportée.

         Un jour, à Brooklyn, j'ai demandé au célèbre Rabbi Menahem-Mendel Schneersohn de Lubavitch : « Comment peut-on croire en Dieu après Auschwitz ? » Et lui de me répondre : « Après Auschwitz, comment ne pas croire en Dieu? »

         Au premier abord, la remarque m'a paru fondée : puisque tout le reste a échoué - civilisation, culture, éducation, humanisme - comment ne pas se tourner vers le ciel ?

Et puis je me suis ressaisi : « Si vos paroles constituent une question, je l'accepte volontiers ; si elles se veulent une réponse, je la récuse. »

         Des années plus tard, mon maître talmudiste Harav Saul Lieberman m'indiquera une autre perspective : on peut - et on doit - aimer Dieu, on peut L'interroger et même Lui en vouloir, mais on peut également Le plaindre. « Sais-tu, me dira-t-il, lequel de tous les personnages bibliques est le plus tragique ?

        

         C’est Dieu, béni soit-Il, Dieu que ses créatures déçoivent et accablent si souvent. » Il me montra un passage midrashique qui traite de la première guerre civile de l'histoire juive, provoquée par une banale querelle de ménage : et Dieu là-haut pleure ; Il pleure sur son peuple et Il pleure sur sa création, comme pour dire : qu'avez-vous fait de mon œuvre ?

 

         Alors, au temps de Treblinka, de Majdanek et d'Auschwitz, les larmes de Dieu ont peut-être redoublé. On peut donc L'invoquer non seulement avec indignation, mais aussi avec tristesse et compassion. Pour Lui.»

 Elie Wiesel

Rescapé d’Auschwitz - Prix Nobel de la Paix

Honoré par le Président Reagan , il a reçu une médaille au verso

de laquelle est inscrit : «l’indifférence au mal, c’est le mal.»

 


Quelques échos de la messe des jeunes

 

 

         Samedi 18 janvier 2020, 17h30, Benoît et Julie, Antoinette et Frédéric, choristes et musiciens s’affairent dans un joyeux brouhaha au fond de la chapelle.     Benoît installe le tout nouveau synthétiseur, on ajoute des chaises, on prévoit des tabourets d’appoint …

         Sobrane rejoint les musiciens tandis que les premiers paroissiens arrivent et prennent place. On chante, on cherche la note, Alice s’essaie à la flûte traversière pendant que d’autres préparent les tables pour le drink.

         La chapelle se remplit, les jeunes s’assoient autour de l’autel, d’autres rejoignent la chorale, quelques-uns arriveront en retard mais seront chaleureusement accueillis par Tam qui leur indiquera les chaises restées libres. Bientôt la messe commence. La musique envahit la chapelle. L’assemblée est recueillie. L’atmosphère est chaleureuse.

         Née de l’envie de voir nos jeunes revenir à l’église, la messe des jeunes a démarré en octobre 2019.

         Au départ dans l’église, elle a un peu tâtonné avant de trouver ses marques dans la chapelle, plus conviviale et désormais bondée. Jeunes et moins jeunes s’y retrouvent dans une ambiance détendue et priante. La chorale entraînée par Benoît et Julie parvient à faire chanter l’assemblée tout entière.

         Les lectures sont assurées par les jeunes. Tam prêche avec humour et profondeur. On l’écoute avec attention. On rit aussi. La musique nous emporte dans un élan particulier. Le chant d’envoi nous rappelle que Dieu trace le chemin, même là où il semble n’y avoir pas d’issue…

         Vient le moment de partager le verre de l’amitié, moment ultra convivial, avant de s’en aller le cœur léger et les batteries rechargées.

        

         Rendez-vous pour les prochaines messes des jeunes les samedis 21 mars, 25 avril, 23 mai et le 27 juin à 18h.  

         On vous y attend nombreux.

 

Marie Nyssens et Beatrice de Furstenberg

 

 

 

Réflexion

        

Voici une bonne réflexion pour nous guider en ce temps de Carême :

                  

         (…)Aujourd’hui notre monde est malade. Malade du matérialisme, malade de la surconsommation et du gaspillage par une minorité et de l’exploitation de la misère pour la majorité. Malade du mensonge et des drogues de toutes sortes qui nous enfument et nous font nous évader de la vraie vie.(…)

Joseph Stenger

Prêtre alsacien du diocèse de Strasbourg


 

Merci à notre chère Claire

 

        

                  Comme quasi tout le monde le sait, depuis des décennies Claire (Claire Eglème) œuvre dans (et pour) notre communauté paroissiale de Saint-Paul.

 

        

         On a l’impression qu’elle y est née et qu’elle ne l’a jamais quittée (mise à part une éclipse de quelques années en Angleterre). On peut déjà retrouver les traces de ses précieux services dès les années ’60 du siècle dernier. On aurait peur de citer dans quelles équipes et pour quels services elle était engagée, de crainte d’en oublier plusieurs…

 

         «catéchiste, Conseil Paroissial, Equipe pastorale, etc.» … on la retrouve sur tous les fronts! Ces dernières années, elle s’engage particulièrement dans l’Equipe deuil, pour les Lévites et encore pour l’organisation de la messe du samedi soir.

 

         Dans tout ce parcours on ne peut oublier Michel, son époux trop tôt disparu, qui pendant des années dirigeait la chorale pour la messe du dimanche matin. Si on regarde de plus près, on découvre aussi plusieurs membres de sa famille impliqués dans la vie de la paroisse.fils Vincent est encore toujours membre de l’équipe de l’ASBL du 250 qui gère notre salle paroissiale.

 

         Merci, chère Claire, pour tant de services rendus, ton sourire accueillant, tes prises de position, parfois un peu fortes mais bénéfiques (familièrement dit tes «de gueule») et ta présence active, parmi nous, pendant tant d’années.

 

         Malgré ta décision de prendre «retraite»des services de la paroisse, la Communauté espère bien profiter encore longtemps de ta joie et de ta présence au sein de la vie paroissiale.

 

Deo Gratias.

 

Nous t’embrassons affectueusement,

 

Père Tam et toute la Communauté.



 


Vie et mystère

 

J'ai vu de tout, durant ma vie illusoire : le juste périr dans sa justice et l'impie survivre dans son impiété.

Citation de l'Ecclésiaste … il y a plus de 2000 ans

 

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J'éprouve l'émotion la plus forte devant le mystère de la vie.

Albert Einstein 1879-1955

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Je vais t'aider, monDieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance.

Une chose cependant m'apparaitde plus en plus clair, ce n'est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t'aider et ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes.

Etty Hillesum Middelbourg 1914 - Auschwitz 1943